Née à Moscou de parents juifs ukrainiens et élevée à Tel-Aviv dans un contexte de troubles politiques et
religieux, Mary Ocher a appris dès son plus jeune âge que remettre en question l’autorité était un moyen de
survie – et que cela avait un prix très élevé. À 20 ans, après avoir refusé la conscription, elle est partie
pour Berlin, où elle est devenue une figure centrale de la scène underground, connue pour ses positions
politiques intransigeantes et ses écrits critiques sur le nationalisme et la guerre.
Elle revient avec un magnifique album pour piano, “Weimar”, son opus le plus intime à ce jour, qui s’inspire
du minimalisme du début du XXe siècle, de la pop de chambre et de la musique classique moderne. “Weimar”
fait écho à l’époque actuelle, faisant allusion à la chute de la République de Weimar en 1933 et à l’ombre
du fascisme qui s’est levée dans son sillage. Alors que le nationalisme, la censure et la fragmentation
culturelle gagnent du terrain partout dans le monde, ses réflexions sur l’identité, la peur et
l’appartenance apparaissent comme essentielles.
Radical Kitten, c’est le caillou coincé dans la chaussure du patriarcat. Propulsé par un groove post punk
implacable, la folie d’une no wave abrasive et un tempo hardcore parce qu’ielles n’ont pas le temps, le trio
toulousain délivre un son piquant, sauvage et résolument politique. Quelque part entre l'urgence de
SurfBort, la tension de Gustaf et la liberté de Sonic Youth, le groupe fusionne toutes ses influences pour
créer sa propre recette : un truc bizarre, à la fois piquant comme un bonbon chimique et doux comme du
beurre de cacahouète DIY.
En live, Radical Kitten est un bloc de violence délicate qui transforme la colère sociale, féministe et
queer
en une transe collective et libératrice qui transpire l’empowerment. Une formule ultra-efficace qui a déjà
fait ses preuves sur plus de 250 scènes à travers l’Europe, partageant l'affiche avec des figures comme
Model/Actriz, Frustration ou Acid Mothers Temple. Le trio prépare actuellement son troisième album prévu
pour 2027. Les chatons ne sont pas près de ranger leurs griffes. L'objectif reste le même : plus d’espace
pour les meufs et les queers, moins de boys club.
Les quatre membres de Frantx explorent les limites de leurs instruments à travers des techniques étendues,
des systèmes d’amplification hétérodoxes et des extensions électroniques ; toujours en quête de nouveaux
modes d’interaction, construction et destruction mutuelle.
Animé par le fantôme noise-punk et la mumble trap, plongé dans les dérives sonores post-internet, Frantx
écrit des chansons en Piemontèis et improvise des collages électro-acoustiques entre une chaîne TikTok et la
musique concrète. Frantx crée une dimension d'hyper vitesse où les quatre instrumentistes se trouvent
brouillé.e.s dans un grommelot arrabbiato qui réclame de l’amour à travers un vocoder. Frantx naît pour
questionner nos rôles de musicien.ne.s improvisat·eurs·rices et cibler la dimension politique dans laquelle
doivent évoluer perform.eurs.euses et composit·eurs·rices. La musique pour elle-même mais aussi pour
explorer et revendiquer des nouvelles façons d’être non-binaires, ambiguës et jamais en attente.
« Truc » en occitan, c’est un coup, une collision, et aussi le nom que porte une sonnaille bien spécifique.
Ce
sont ces objets à la fois culturels et patrimoniaux, qu’ont choisi d’explorer Alexis Toussaint et Romain
Colautti (batteur et bassiste du groupe Artús) dans Trucs. Ils en exploitent la musicalité sans en oublier
la portée symbolique.
Les sonnailles que portent les bêtes d’un même troupeau autour de leur cou sont accordées entre elles créant
un orchestre vivant qui porte sa propre signature sonore, permettant au berger de reconnaître son bétail
dans les montagnes.
Le dispositif est composé de deux batteries préparées côte à côte, deux tambourins à cordes et des ensembles
de sonnailles traités par des dispositifs électroniques. Le duo crée des mesures musicales asymétriques
évoquant l’imprévu ou les mouvements aléatoires des animaux, et des plages drone/ambient pour les moments
plus contemplatifs.
Nés d’une rencontre fortuite dans un squat de Villejuif, Ciccio & 2mo partagent un langage musical
singulier, tissé au fil de collaborations spontanées — notamment autour du groupe Cheveu. Deux trajectoires
parallèles qui n’ont cessé de se croiser : d’un côté Olivier Demeaux (2mo), figure de l’avant-garde
électronique française, aux commandes des projets Heimat ou Accident du Travail, entre synthwave lo-fi,
post-punk spectral et dérives droniques ; de l’autre Francesco Pastacaldi (Ciccio), batteur aux marges du
jazz-punk, membre du trio Jean-Louis, d’Abacaxi et compagnon de scène du performeur Fantazio.
Après deux albums publiés chez Trilogy Tapes et Hoblotone et des passages aux festivals Meakusma (Belgique)
et Sonic Protest, Ciccio & 2mo tracent toujours un sillon instable, viscéral et fascinant entre
désenchantement électrique et pulsion physique. Une collision entre psychédélisme bruitiste, souvenirs
industriels et pop expérimentale. Une matière sonore en tension, mêlant boîte à rythmes, percussions
organiques, nappes saturées et riffs répétitifs jusqu’à l’hypnose. Imaginez Cosey Fanni Tutti se frottant à
la pop, avec Charles Hayward (This Heat) à la batterie : on n’est pas loin.
Julien et Claire évoluent à la lisière de la techno, du noise et de l’art sonore. Leur musique trace une
ligne mouvante, entre pulsations libres et déchirures sonores. Une danse fragile, en tension, suspendue
entre éclat et effacement.
Composé de deux solos et d’un duo, Julien Claire plonge le public dans une transe intérieure, immersive et
physique. Claire Gapenne (aka Terrine) déploie une musique électronique radicale et spontanée, entre
no-techno et noise chirurgicale. Julien Desprez transforme sa guitare par une constellation de modifications
internes et externes. Les pédales d’effet deviennent un véritable parquet de danse, frappé de claquettes
électrifiées. Voix, électricité, rythme, contrastes, tendresse et fureur s’entrechoquent pour faire émerger
un monde sonore sensible, brut et intensément émotionnel.
Derrière “La musique du hasard”, il y a YouKnowGhost, duo rouennais formé par Rapport1984 (Ellah A. Thaun,
Valeskja Valcav) et Samuel Antonin (Ellah A. Thaun, La Chute d’un Corps).
« La musique du hasard », qui emprunte son nom à un roman de Paul Auster, est un projet immersif qui relie
musiques actuelles et art performatif. Tirées au sort grâce à une roue de bingo, une quarantaine de
cassettes vont tester leurs compatibilités, s’accorder ou s’affronter : une sorte de speed dating de
matières sonores avec deux magnétophones, ça fonctionne ou non. Plusieurs lectures différentes, aussi bien
visuelles qu’auditives, sont possibles. Certains écoutent les yeux fermés quand d’autres suivent
attentivement le tirage au sort et la manipulation des cassettes.
Résultats de plusieurs années d’archivages et d’expérimentations, les contenus sont variables : extraits de
leurs albums solo respectifs, bruitages, dialogues de films, improvisations musicales, field recordings…
Chaque cassette n’a droit qu’à une seule chance et ne sera jouée qu’une fois. Des règles du jeu d’une
simplicité radicale à mi-chemin entre le cut-up et l’improvisation.
TZZ, c'est Frédéric Mancini (Deux Boules Vanille, Fééric) et Mélanie Loisel (Borguefül, Séismes). Entre pop
expérimentale et Intelligent Dance Music.
Basse électrique, chant aérien très malin, synthétique modulaire trendy. C’est efficace et tout aussi
virevoltant. Tension tranquille, pas faite pour sauter partout mais pour se laisser collé·e·s au groove qui
prend par surprise.
Lutter contre les dépôts sauvages dans l'espace public est l’une des mesures prioritaires du plan Barrage.
Rythmiques industrielles, machines bruitistes et hurlements, sont ainsi au service de la propreté et des
énergies renouvelables, et sont mobilisés pour détecter et nettoyer les déchets qui n’ont pas été
correctement jetés. Vous pouvez aider à lutter contre les dépôts sauvages en signalant les encombrants
sonores laissés à l’abandon. Abandonner des déchets ou les jeter hors des emplacements prévus est illégal.
Vous pouvez désormais faire un signalement pour indiquer des dépôts sauvages ou la présence d'encombrants
sur la voie publique.
Issu du milieu rock et désormais réfugié dans les musiques électroniques, Dagure s'aventure dans la musique
improvisée : de longues plaintes de guitare réverbérée servies sur des séquences atmosphériques de synthé
modulaires, entre shoegaze cosmique et ambient.
Dagure est aussi à l’origine du label Ajna Management, structure dont le grand écart stylistique confirme
tant la curiosité que l'éclectisme de son fondateur.
Projet solo instrumental de Pierre-Louis François (Franky Goes to Pointe à Pitre), PLF propose les dérapages
d'une guitare électrique au bord de l'arythmie.
En explorant de l'ambient sinueuse, ses riffs entêtants et abruptes, usent d'un jazz radical et déstructuré,
façonnant des syncopes mélodiques d'une étonnante douceur.
Avec ce troisième opus à sortir en septembre 2026, PLF explore la douce déstructuration de mélodies
dégringolantes et de rythmiques inlassables qui hoquettent autant qu'elles hypnotisent. Ces huit caresses
lo-fi et ciselées furent capturées live via la magie et les charmes d'un enregistreur cassette multipiste
Tascam 412.
Martine Chine, c'est une symphonie de pédales d'effets qui à travers des incantations sonores extrêmes ou
chatoyantes repousse les limites du son. Drone, harsh noise et autres sons étranges sont au programme du
Martine Chine Noise Orchestra, groupe éphémère qui naît et meurt le jour même.
Expérimentateur sonore, performeur et artiste visuel, Gliff travaille le son à cheval entre glitch, harsh
noise et loops répétitifs. À Sonocraft, en plus d’exposer ses œuvres visuelles, Gliff sera tatoué sur scène.
Le son des aiguilles des trois tatoueur·ses (Âme.Gore, BLOON et Hglauque) sur son corps, sera capté via des
micros contact et travaillé en temps réel par Gliff à travers des pédales d’effets, chargées d’exprimer de
façon sonore les sensations de la peau chaude au contact avec l’encre.